Passionné de musique et de travail manuel, Bogidar Vermand a rencontré ce métier pendant ses études de musicologie et a intégré quelques années plus tard, l'école de lutherie de Minecourt où il a apprit à faire des violons, des altos et des violoncelles.

Quelles sont les étapes de fabrication d’un violon ?

« Il y a environ 85 pièces, trois essences de bois qui sont l’érable pour la majeure partie de l’instrument, l’épicéa pour la table et l’ébène pour la touche. Je commence avec des quartiers qu’on ouvre en deux et qu’on colle. Cela nous donne une planche assez grande pour pouvoir concevoir l’instrument. C’est à partir de ça que l’on sculpte, on rabote, on gouge pour arriver au violon presque fini. Il reste le vernis et le montage. C’est le moule qui permet de cintrer les éclisses et les languettes de bois qui sont tout autour, et de les coller. Donc c’est une contrepartie qu’on enlève après mais qui nous donne la forme générale de l’instrument. Et ensuite on reporte cette forme sur les fonds, les tables dressées. Après c’est un travail de sculpture, de mise d’épaisseur qui fait qu’on arrive à l’instrument fini. Il y a environ un mois et demi de travail. »

Pour qui travaillez-vous ?

« Je fais des instruments sur commande à raison d’une dizaine par an, violon, alto, violoncelle, tout confondu. Les principaux clients se sont les musiciens, soit des étudiants avancés en voie de devenir professionnels, soit des musiciens d’orchestre, de quatuor, ou des grands amateurs. »

Pourquoi vous être installé à Caromb ?

« C’est une opportunité qui s’est présenté à nous en venant en vacances. Et puis des amis nous ont proposé de venir nous installer dans cette maison qu’il avait. On est très content d’être là au calme pour pouvoir travailler sur ce qu’on aime. »

Être à sa place, au bon moment, au bon endroit. C’est là qu’on a le plus de chance de réussir.

Qu’est-ce que vous aimez en particulier dans votre métier ?

« Je dirai tout le travail à l’établi, le choix du bois, regarder la fourniture, la faire sonner pour apprécier ses qualités, la fabrication. Ce qui me plaît aussi beaucoup c’est le contact avec le musicien, quand l’instrument est fini mais qu’il n’est pas encore un instrument parce qu’il n’est pas dans les mains du musicien et qu’il y a cette rencontre avec lui et que là il l’essaye et que ça prend vraiment le sens pour lequel il a été fait : jouer de la musique. »

Vous êtes aussi chef d’entreprise, qu’elles sont les qualités indispensables pour être un bon chef d’entreprise ?

« Je ne me vois pas vraiment comme un chef d’entreprise bien que ce soit une petite entreprise. Je pense que c’est le contact avec les gens, d’aimer ce qu’on fait puis d’essayer de le faire au mieux pour que les gens soient contents et que ça continue. C’est de l’organisation aussi et c’est là où mon épouse joue aussi un grand rôle pour ce qui est de l’intendance et du contact par mail. »



Quelles sont vos attentes, vos espoirs, comment voyez-vous votre avenir ?

« Je le vois toujours à Caromb parce que j’y suis bien. On projette de s’agrandir parce qu’on va avoir un archetier avec lequel on a étudié à l’école de Mirecourt et qui va venir s’installer à Caromb. On va partager l’atelier, donc on va agrandir à cette occasion et on pourra travailler lutherie et archèterie. Je le vois un peu comme ça, pareil mais en plus grand, en mieux. »

Vous auriez un conseil à donner à quelqu’un qui voudrait s’installer ?

« Oui, qu’il le fasse, qu’il n’hésite pas. Quand on a envie, qu’on a ce désir, les moyens viennent plus facilement qu’on ne le pense. La passion emporte bien des difficultés. »

Vous avez une devise, une philosophie de vie ?

« Être à sa place, au bon moment, au bon endroit. C’est là qu’on a le plus de chance de réussir. »