Après des études dans une école de photographie marseillaise, Christian Rocher, devient photographe et travaille dans la mode et la publicité. À la suite d’un accident de la route en 2008, il réoriente sa carrière et devient un acteur incontournable du handicap à travers de nombreuses expositions. À l’occasion de l’exposition photo « Handicap dans le lumière » à la CoVe, Christian Rocher s’est confié sur son parcours, ses envies et ses rencontres…

Comment êtes-vous venu à la photo ?

«  J’ai démarré la photo il y a plus de 30 ans, initié par mon grand-père à l’âge de 15 ans. J’ai fait une école photo à Marseille à 25 ans. Puis j’ai travaillé dans la mode, la publicité. J’étais sur la beauté corporelle et les formes avant tout. J’ai fait d’autres boulots aussi parce que ce n’est pas facile d’en vivre. Depuis huit ans, après un accident de la route, j’ai commencé tout un travail sur le handicap.  »

Comment trouvez-vous vos modèles ?

«  Tout au début, j’ai fait la démarche de chercher des modèles. Et puis la roue tourne et ce sont les gens qui viennent à moi de toute la France. Pour ce projet commencé il y a sept ans, plus de 300 personnes ont posé. J’ai plus de 20 000 images. Tout ce qu’on peut voir à travers ces portraits, c’est du sourire, de la lumière et du noir et blanc. Malgré la différence on peut être beaux et belles. Il faut savoir regarder, c’est le plus important. »

Pourquoi le noir et blanc ?

«  Le noir et blanc, c’est une volonté. Je dis toujours, en couleur on photographie la couleur des vêtements. En noir et blanc, on photographie l’âme, le cœur. Pourquoi le noir et blanc ? Parce qu’on va de suite à l’essentiel…  »

Souvent, en regardant les images, ils ne voient plus leur handicap parce que je montre des sourires, de la vie et du bonheur.

Combien de photos pour une seule retenue ?

«  Ça dépend. Ce qui est important surtout, c’est la rencontre avec les personnes. Plus la rencontre est belle et enrichissante, plus c’est facile de faire les images. Des clichés, j’en fais, trente, quarante, cinquante. Ça va très vite. Le but de ce travail photographique, c’est de montrer la beauté. Dans ma première vie, je photographiais la beauté corporelle. Aujourd’hui, je vais chercher la beauté de l’âme et du cœur. C’est la plus importante, c’est elle qui donne de la valeur et de l’espérance à tout le monde. Je crée une passerelle dans ces différences.  »

Quels sont vos thèmes de prédilection ?

«  Ce n’est que du portrait, il y a du nu aussi. C’est sur l’humain dans le cadre de cette démarche sur le handicap. Dans tous ces clichés, on peut voir des sourires, de la joie, du bonheur. Les gens sont beaux. Souvent, en regardant les images, ils ne voient plus leur handicap parce que je montre des sourires, de la vie et du bonheur. Comme quoi le bonheur, il est à l’intérieur de soi…  »