Artiste peintre depuis plus de 10 ans, John Weko propose des décorations d’intérieur, d’extérieur pour professionnel ou particulier. Dans le cadre de l’amélioration du tri, il s’est associé à la CoVe pour optimiser la collecte du verre. Et si décorer les colonnes à verre améliorait le tri de ce matériau hautement recyclable ? C’est le défi lancé aux écoliers de Carpentras qu’il a accompagné.

Qu’est-ce qui vous a plu dans ce projet ?

« C’est le genre de chose que je fais depuis un an et demie notamment à l’occasion des Temps d’Activité Périscolaire chez moi à Satillieu en Ardèche. J’aime bien. Je trouve ça chouette de communiquer pour le recyclage. Je suis moi-même à fond là-dedans. J’avais déjà pensé lancer des projets de sensibilisation. Dans le cadre scolaire, c’est encore mieux. C’est un début et je pense que je vais continuer. À Carpentras, avec la mairie et le Centre Lou Tricadou, j’avais déjà graffé la palissade de l’Îlot Mouton, l’an dernier. »

Quel est votre parcours ?

« Je suis commercial au départ, ce qui n’a rien à voir avec le graff. J’ai eu des boutiques. Depuis mon plus jeune âge, en banlieue parisienne, je baignais dans le graffiti. Quand je prenais le bus pour aller à l’école, je voyais des fresques géniales, très colorées. Ça me plaisait. Un jour je m’y suis mis et je n’ai jamais lâché. Ensuite j’ai déménagé à Annecy. Là, j’ai fait des fresques dans une usine désaffectée à cinquante mètres de chez moi, pour le plaisir. J’y allais avec les copains, tous les week-end, comme d’autres font du tuning. Et de fil en aiguille, on m’a demandé si je ne voulais pas décorer la chambre du gosse ou faire la devanture du magasin. Ensuite, je suis parti à l’étranger pendant 8 ans où j’ai encore beaucoup travaillé. J’échangeai ma peinture contre un toit, de la nourriture. En rentrant en France, je ne savais pas bien quoi faire. »

Je n’ai jamais pris de cours de dessin, j’aimais bien ça à l’école. Je ne peux pas dire que je suis forcément plus doué qu’un autre en dessin, mais je m’inspire.

Vous pratiquez d’autres techniques de peinture ?

« J’avais arrêté de faire des toiles parce que je n’avais plus d’atelier, mais je vais reprendre, j’aime ça aussi. Je fais bombe, pinceaux, pochoirs et je vais me mettre à l’aérographe parce qu’on me demande aussi d’habiller des véhicules. Mais il faut du temps. Je tiens à ne pas lâcher l’affaire et à étudier d’autres techniques. Je n’ai jamais pris de cours de dessin, mais j’aimais bien ça à l’école. Je ne peux pas dire que je suis forcément plus doué qu’un autre en dessin, mais je m’inspire. J’aime bien peindre à la bombe sur une grande surface, mélanger les couleurs. C’est en s’acharnant qu’on y arrive. Et pas forcément du premier coup. »

Que vous apporte le travail avec les enfants ?

« Je ne suis pas habitué, mais comme je suis papa depuis 3 mois, j’apprends la patience, la pédagogie. Et puis si je peux transmettre l’envie de peindre, je trouve ça classe. Aujourd’hui, tout est numérique, informatisé. Il faut leur montrer qu’il y a autre chose, et la peinture c’est formidable pour l’expression. Ça me faisait très peur il y a un an. La première fois, j’étais en panique, je ne savais pas quoi faire, et finalement c’est du plaisir maintenant. Dans mon village je fais des TAP, et maintenant il y a une reconnaissance, chaque fois que je me balade j’entends Weko, Weko. C’est sympa. »