Vous mangez sur le pouce à midi ? Le soir, vous avalez une pizza devant la télé ? Votre sandwich et votre quatre fromages ont peut-être voyagé dans un emballage conçu par la société de Samira Bousraou et de son frère Mohamed, respectivement présidente et directeur général d’Eurodix, spécialiste du conditionnement de produits de bouche à emporter.

Dans quel domaine d’activité travaillez-vous ?

« On distribue de l’emballage destiné à la restauration à emporter. On a une gamme générique avec une collection de visuels qui nous est propre. C’est notre grosse force. On crée aussi des produits sur mesures. »

Pour quelles sociétés ?

« On travaille pour des pizzerias, des restaurants, des traiteurs. On fabrique donc des cartons de pizzas, des boites pour salades, des emballages pour sandwiches. On est capable de tout faire. On travaille aussi pour des groupes qui distribuent leurs produits, mais le marché est petit. »

Comment avez-vous démarré ?

« C’est en 2008, que nous nous sommes lancés, mon frère et moi. Nous étions arrivés à un tournant dans nos carrières, nous avions envie de changer. Alors, on a décidé d’aider à structurer l’activité d’un autre de mes frères. Et on s’est pris au jeu de l’organisation, de la clientèle. Je suis présidente, lui est directeur général. »

Quelles études avez-vous suivies ?

« J’ai un Bac+5 en finances et un DUT Techniques de commercialisation, une Licence et une Maîtrise Commerce et Vente spécialisée dans l’agroalimentaire. Pour finir, je me suis spécialisée en finances lors de ma dernière année. »

Comment avez-vous démarré ?

« Au début, on a commencé chez ma mère. Un peu à l’étroit car il nous faut du stockage, on est allé à Cabannes où on a loué du mètre carré. Quand vous rentrez deux ou trois semi-remorques de produits par mois, l’espace devient vite insuffisant. On a alors trouvé un entrepôt plus adapté à nos besoins et nos horaires. Au début, vous travaillez sans compter et vous ne pouvez pas vous contenter de faire neuf heure midi, quatorze heures dix-huit heures. »

Vous employez combien de personnes ?

« Aujourd’hui, nous sommes sept. J’ai deux personnes au service commercial (deux femmes), dont une qui s’occupe de tout ce qui est web puisque notre développement passe essentiellement par là. Elle est aussi graphiste. On crée très souvent de nouveaux visuels. C’est comme cela qu’on fait la différence. Pour la préparation des commandes, deux personnes tournent sur le même poste. Mon frère s’occupe de tous les achats. Il est en direct avec les fournisseurs. Il gère aussi deux ou trois clients importants. Moi, je suis multitâche, je m’occupe de toute la partie administrative, du management, des ressources humaines et de quelques gros clients. »

Vous allez bientôt vous installer à Bellecour III, le parc d’activité de la CoVe à Carpentras. Comment l’avez-vous connue ?

« On avait déjà repéré un terrain sur Pernes-les-Fontaines, mais la vente ne s’est pas faite. On a continué à travailler avec le constructeur qui nous avait dessiné les plans. Il nous a parlé d’un parc d’activité qui s’ouvrait sur Bellecour III à Carpentras. C’est ainsi qu’on a connu Thierry Borel et le service économique de la CoVe et qu’on est entrés dans le projet. On disposera de 1 500 m2, dont 1 200 m2 d’entrepôts. Le reste abritera des bureaux sur deux niveaux. La zone est bien adaptée aux entreprises. On a hâte d’y aller. Ce sera stimulant d’être dans un parc d’activité. On verra comment fonctionne les autres entreprises. Nos employés vont tous nous suivre. On a besoin d’eux. » 

Quels sont vos projets de développement ?

« Aujourd’hui, on veut se développer autour de l’emballage et pas uniquement de la restauration à emporter. C’est surtout parce qu’on va se trouver dans un parc d’activité où il y a de l’agroalimentaire. Le but est d’apporter une solution d’emballage autour du carton, c’est notre spécialité. On est capable de faire de petites séries comme de très grandes, du sur-mesure comme des produits standards. On a déjà travaillé avec Relais Vert. Pour l’instant, on cherche à se faire connaître dans le secteur. »

Est-il facile pour une femme de devenir chef d’entreprise ?

« Je travaille en duo avec mon frère. C’était important qu’il apporte au début cette crédibilité que n’a pas forcément une femme. J’ai trente-cinq ans aujourd’hui, mais quand j’ai commencé à vingt-huit ans, ce n’était pas évident, du banquier au client en passant par le fournisseur et le transporteur. Petit à petit, tout s’est mis en place naturellement. La crédibilité vient avec l’exemplarité, la durée, la présence et l’argumentation. L’objectif reste le développement de l’entreprise. On fait tout pour y arriver. » 

Vous arrivez à avoir une vie de famille ?

« Les premières années, c’est beaucoup de sacrifices. Aujourd’hui, j’arrive à faire du sport, à être dans le milieu associatif, ce qui était impossible précédemment. Je nage, je cours, je fais un peu d’aide aux devoirs. Et j’ai la chance de rencontrer des femmes comme moi dans le cadre de l’Association des Femmes Chefs d’Entreprise en Vaucluse. On se réunit une fois par mois. »

Vous avez eu de bons rapports avec le service économique de la CoVe ?

« Oui. Le premier contact a eu lieu en 2016. C’est son discours, son dynamisme qui nous ont convaincu de nous installer à Carpentras. Il fait tout pour que les entreprises viennent et se sentent bien. Il nous a donné le temps de mettre au point le projet, de le financer. On se sent accompagné en tant qu’entreprise. On est rassuré. »

Vous avez une démarche de labellisation particulière ?

« Comme on diffuse des produits alimentaires, on est obligé de respecter toutes les normes européennes en la matière. On a développé aussi des produits plus écologiques, moins traités. On utilise des encres moins nocives et un produit, essentiellement le carton, qui se recycle facilement. »