Les femmes britanniques courent après un ballon rond depuis la fin du XIXe siècle. Aujourd'hui, c'est en France que percent les championnes dans le sillage d'un Olympique Lyonnais au sommet de l'Europe. À l'Étoile d'Aubune, les Roses et Noires cultivent le même esprit de compétition.

Romain Psaila, racontez-nous l’histoire de votre club.

« Je suis revenu au club il y a dix ans, au moment de la fusion du Sporting Club Balméen et de l’Étoile Sportive Aubignanaise. Il y avait pourtant de beaux derbies chez les seniors. Les dirigeants ont favorisé cette fusion, notamment Robert Serrano qui a été longtemps entraîneur de l’équipe senior 1 puis président, et MM. Souris et Hubert. Moi j’ai commencé le football ici, puis j’ai essayé un peu plus haut à Carpentras. Et je suis revenu parce que c’est mon club de cœur et mon village. »

Le football féminin a commencé quand à l’Étoile d’Aubune ?

« Il y avait déjà une section féminine à l’Étoile Sportive Aubignanaise. Puis Cédric Brachet est arrivé de Séguret pour entraîner. Il a amené beaucoup de filles avec lui. Ensuite, il y a eu un petit coup de moins bien. On est reparti avec des jeunes que j’ai depuis trois ans et qui sont maintenant en senior, ce qui permet d’avoir un club d’un niveau honorable. »

Combien d’équipes féminines avez-vous ?

« L’an dernier on n’avait qu’une équipe U17* qui jouait à onze au niveau régional. Ça s’est très bien passé, on a fini cinquième sur neuf. Cette année, on a une équipe U17 à huit et une équipe senior à onze. Actuellement, on totalise trente-trois joueuses qui viennent d’un petit peu de partout dans un rayon de quinze kilomètres autour de Beaumes et Aubignan. »

Quels objectifs vous êtes-vous fixés cette année ?

« Pour les U17, l’objectif était de se construire. On avait pile huit joueuses en début d’année. En fin de saison, elles sont treize et premières du championnat à égalité avec le club du Comtat Venaissin. Elles sont aussi en finale de la coupe contre cette équipe. On ne pouvait pas espérer mieux. Et pour les seniors, comme c’est la première année, l’objectif était de prendre du plaisir et de reconstruire. On se retrouve quatrième sur dix dans un championnat départemental assez relevé. »

C’est facile d’entraîner une équipe de filles ?

« J’entraînais les U17 et je les ai suivies cette année en senior. À l’origine, j’entraînais garçons et filles puis j’ai choisi les filles et je ne le regrette vraiment pas. J’ai l’esprit de compétition et elles l’ont aussi. Elles sont un peu plus à l’écoute et ont plus envie de progresser. Quand elles arrivent au club, la moitié débute. Elles doivent donc rattraper le niveau. Les plus expérimentées consolident leurs bases. »

Les règles du jeu sont les mêmes pour les hommes et les femmes. Et le comportement ?

« Elles sont moins brutales et surtout elles ne discutent pas. C’est plaisant, il y a beaucoup de jeu. Moi qui joue aussi avec les seniors, je trouve qu’on parle beaucoup plus aux arbitres. Alors que ce n’est pas le jeu. Il y a faute, un point c’est tout. Les filles le comprennent plus rapidement. Il y a un coach, une capitaine et aucune autre ne parle. Il y a très peu de cartons. Les garçons en ont cinq ou six fois plus. »

Quelles équipes rencontrez-vous ?

«  En U17, il y a un peu plus de nouvelles équipes qu’en senior, dont Vedène et Ventoux-Sud  (la fusion de Bédoin et Mazan). Les autres équipes sont Avignon, Caderousse, Comtat Venaissin (fusion de Rasteau, Cairanne, Roaix…), Sorgues. Il y a pas mal de fusions de clubs. Il n’y a pas de secrets, quand il y a de moins de dirigeants et de bénévoles. Et en senior, on a Monteux 2, Avignon 2,Ventoux Sud, Caderousse, Barbentane, Bonnieux, Cavaillon, Saint-Saturnin. Les championnats démarrent fin septembre, début octobre. Et il finit mi-mai. »

Qu’est-ce que les femmes apportent au foot ?

« Elles sont plus dans le vrai, il n’y a pas de simulation, ce n’est que du jeu. Tous les clubs font la promotion du football féminin. Ils créent de plus en plus d’équipes, chez les jeunes comme chez les grandes. Notre objectif est d’avoir de plus en plus de filles et de catégories, de U9 à seniors. L’année prochaine, on veut passer en U18** à onze. Pour les seniors, on souhaite une équipe à onze compétitive et une autre à huit un peu plus loisir. »

* U17 : anciennement les cadets 2e année.
** U18 : anciennement les juniors 1re année.