Meilleur Ouvrier de France, Patrick Zambelli exerce à Mazan le délicat et très ancien métier de plâtrier - staffeur - stucateur - gypsier. Maître artisan en métier d’art et designer, il est surtout un véritable artiste, aussi à l’aise dans la peinture que dans la sculpture.


Quel métier exercez-vous ?

« Je suis gypsier, maître en métier d’art et je suis aussi designer. Je suis labellisé entreprise du patrimoine vivant. L’entreprise a été fondée par mon père en 1928. Moi j’ai repris l’affaire en 1994 et je me suis spécialisé dans le métier d’art. Je suis passé par l’école des Beaux-Arts d’Avignon, mais j’ai surtout appris avec mon père. Lauréat du concours des Meilleurs Ouvriers de France, je travaille pour les particuliers et les institutions, en France comme à l’étranger. Je fais du staff et de la sculpture. J’espère monter une école de gypserie à Mazan. »




Quelles qualifications faut-il pour se lancer ?

« Aucune qualification, il faut surtout aimer ce que l’on fait. À la base, il faut quand même être bon en dessin, et aimer la matière, la poudre de marbre, le plâtre. La création vient petit à petit. Il faut visiter beaucoup de musées, voir ce qui se passe autour, essayer de créer des pièces originales comme je fais à l’heure actuelle. »

Quels gros chantiers avez-vous déjà réalisés ?

« Je fais de la création et de la restauration et donc beaucoup de chantiers. J’ai travaillé à Miami, en Allemagne, en Suisse, en Espagne. J’ai réalisé de belles choses. Près de chez nous à Carpentras, j’ai fait pas mal de chose sur des façades extérieures, le temple protestant de Mérindol, l’église de Malemort-du-Comtat, l’hôtel de Pélissier, le carmel de Carpentras. Un chantier peut durer d’une semaine à plusieurs années. En ce moment, j’ai une commande pour Stéphanie de Monaco. »

Avec quels outils travaillez-vous ?

« Comme c’est un travail très minutieux, j’ai de petits outils qui datent de mon père, très anciens. Vous pouvez très bien créer vos propres outils. Les calibres, c’est moi qui les fabrique. J’ai plus de 700 calibres ou gabarits différents pris sur des hôtels particuliers des alentours. Je travaille le gypse, le plâtre, celui de Paris est le plus pur. Ensuite, je prends de la chaux aérienne éteinte, de la poudre de marbre, des liants qui permettent de faire de la gypserie. Je ne fais pas de moulage, tout est tiré sur place. Je pars d’un dessin et je modèle de façon à créer le décor comme il se faisait au XVe siècle dans la région. »

Vous avez combien d’ouvriers ?

« En ce moment, je n’ai plus d’ouvrier parce que les jeunes ne sont pas motivés, ils pensent que c’est un travail sale alors que ça ne l’est pas. On rencontre pourtant des gens d’une certaine classe. Ça peut être intéressant pour les jeunes. C’est pourquoi mon atelier qui est à côté de la maison est ouvert tous les jours. N’importe qui peut venir pour se rendre compte de la qualité du métier et de ce qu’on peut créer. Comme c’est ma passion, je crée tous les jours. »