Espace élus

Alors qu'il s'apprêtait à passer la main, l'ancien maire de Vacqueyras et vice-président de la CoVe a dû poursuivre sa mission deux mois de plus à cause de la pandémie. Une expérience " éprouvante moralement ".

Les responsabilités qui nous incombaient étaient énormes. Il fallait prendre des décisions rapides...”

Comment avez-vous vécu ces deux mois de crise à la tête de la mairie de Vacqueyras ?

« Alors que j’avais acté dans ma tête que je n’allais plus être maire, dès le 16 mars il a fallu se remettre tout de suite dans le bain. Ces deux mois, je les ai vécus dans l’action avec beaucoup de stress, car nous n’avons jamais vécu une période comme celle-ci. Les responsabilités qui nous incombaient étaient énormes. Il fallait prendre des décisions rapides tout en essayant de prévoir à quels problèmes la population allait être confrontée. »

Quelles ont été les décisions les plus importantes que vous ayez prises ?

« D’abord commander du gel, du savon, des masques, des visières, des produits désinfectants, des hygiaphones en plexiglas. Et former les personnels à leur utilisation. Il a fallu fermer les lieux publics puis organiser la distribution des courses aux personnes âgées et isolées qui le souhaitaient. Cela a été pris en charge par la nouvelle équipe municipale que je remercie. Il a fallu aussi organiser la distribution des masques grand public, dès leur livraison avec l’ancienne et la nouvelle équipe municipale. Des bénévoles ont créé un atelier de confection de masques à la salle polyvalente : 1 300 ont été produits. Je les remercie. On a aussi informé les commerçants et artisans sur les aides qu’ils pouvaient obtenir au fur et à mesure que la Mairie recevait des informations de l’État. On a géré les appels téléphoniques quotidiens. On a réorganisé la rentrée scolaire en concertation avec les élus - nouveaux et anciens -, les délégués de parents d’élèves et les enseignants. »

Les Vacqueyrassiens se sont-ils montrés solidaires ?

« Ils ont été très raisonnables par rapport au confinement et très solidaires. Solidarité entre voisins, solidarité entre générations. La solidarité des élus et des services de la Mairie a été prépondérante. »

Quelles leçons en tirez-vous ?

« On a pu constater que quand les gens sont confrontés à un problème tel que cette épidémie de Covid-19 et aux difficultés qu’elle entraîne, ils retrouvent certaines valeurs comme la solidarité et réapprennent à se mobiliser pour les autres. Des voisins qui ne se parlaient pas se sont parlé. Des gens qui ne se connaissaient pas ont sympathisé, par exemple les couturières bénévoles. Enfin, l’homme doit rester humble face à la nature et à la maladie. »

Durant l’épidémie, vous étiez vice-président de la CoVe, délégué notamment aux Actions éducatives. Comment s’est passée la rentrée de mai 2020 ? À quelles difficultés majeures avez-vous été confronté ?

« La rentrée dans les ERPI [écoles intercommunales] s’est bien passée, car vu les faibles effectifs présents il a été plus facile d’adopter la charte sanitaire gouvernementale. Plus difficile a été d’organiser la communication avec les parents, de mettre en place un dispositif qui permette de limiter au maximum le brassage des élèves en adaptant notamment les transports scolaires, de prévoir le nettoyage et la désinfection des locaux et du matériel en formant les personnels aux consignes et aux produits à utiliser. Je voudrais saluer le travail effectué par Magali Mouriès [chargée des écoles intercommunales] dans cette organisation, et par tous les agents de la CoVe qui travaillent dans les ERPI, sans oublier les enseignants qui ont continué leur mission. »

Que retenez-vous de toutes ces années passées au sein de l’intercommunalité ?

« J’ai vu évoluer l’intercommunalité. Je me souviens des réunions que l’on faisait rue de l’Observance [à Carpentras] et quand on voit maintenant ce que c’est devenu… J’ai toujours été pour l’intercommunalité. Il y a eu une augmentation des services rendus aux communes d’autant que l’État lui, par contre, baissait ses services et ses dotations. Et il y a des choses qu’on ne peut pas faire seul. L’intercommunalité, pour moi, est indispensable. »

Quelles fonctions avez-vous remplies à la CoVe ? Quelles réalisations avez-vous porté ?

« De 2001 à 2014, j’étais à la Gestion des déchets. Ensuite, j’ai été à la commission Action scolaire et Petite enfance à partir de 2014. Et puis, lorsque M. Guy Rey est devenu président, j’ai eu en charge en plus le service Affaires sociales.  Pour l’Action scolaire, il y a eu par exemple de gros travaux de rénovation à l’école de Saint-Pierre-de-Vassols, et également à l’école de Suzette, mais aussi à l’école de Modène. »

Quelle va être votre vie désormais ?

« Je vais me reposer, car la gestion de ces deux mois supplémentaires a été éprouvante moralement. Je vais m’occuper davantage de ma famille : ma femme, mes enfants et petits enfants, mais aussi de moi-même. Je vais essayer de voyager – dès que ce sera possible -, de cultiver mes vignes et mes oliviers. Je prendrai le temps de lire, de faire du vélo et d’aller à la chasse. Tout en n’oubliant pas de suivre avec attention la vie de mon village : Vacqueyras, que j’aime tant. »

Extrait interview