Fusion des caves coopératives de Beaumes-de-Venise et Vacqueyras, Rhonéa développe l’œnotourisme grâce à une structure propre pilotée par Gabriel Valverde.

Quel est votre métier au sein de la cave Rhonéa ?

« Je suis responsable de l’œnotourisme. Avec Marine Benito, nous accueillons toutes les personnes qui ne sont pas du passage naturel en magasin. Nous orchestrons aussi les relations avec les artisans vignerons de Rhonéa, nous passons les messages, les demandes, les questions, dans les deux sens. »

Quelles activités œnotouristiques proposez-vous ?

« L’œnotourisme est le reflet de l’identité et de l’ADN de la cave. Il doit s’appuyer sur les forces du territoire. On a créé Rhonéa Tourisme, une SARL, qui a pour vocation exclusive la vente de produits touristiques, la mise en valeur de notre terroir, de nos artisans vignerons et de nos vins, mais en professionnalisant le service. Avec Marine, notre cœur de métier, c’est la création d’événements touristiques et d’ateliers. On conçoit, on commercialise et on assure un accueil de qualité irréprochable. On va aussi sur le terrain lors des grands événements pour accompagner les artisans vignerons. On fait des ateliers découvertes, des commissions de dégustation où on invite des sommeliers, des œnologues d’autres caves, des spécialistes et des gens qui n’y connaissent rien. »

Quels événements organisez-vous en ce moment ?

« Là, on est en plein dans la 3e édition du Festival Truffes et Vins. Ce qui m’intéresse dans ce festival, c’est de mettre en relation nos clients avec l’univers et les producteurs de truffe. Pour ça, je fais appel à des trufficulteurs et à des restaurateurs du territoire. Un trufficulteur va nous emmener caver. Un autre va nous faire découvrir le marché aux truffes de Carpentras. C’est important de ne pas travailler seuls. Rhonéa, c’est le territoire et il faut utiliser ses richesses. »

Quelles animations ont-elles le plus de succès ?

« La visite de cave reste le best-seller. On a la chance d’avoir deux sites complémentaires. Beaumes-de-Venise, c’est toute l’histoire du muscat, la genèse du nouveau cru en rouge, une cave qui a plus d’un demi-siècle d’histoire avec une empreinte très forte sur le territoire. Sur Vacqueyras, on est plus centré sur les crus de prestige qui ne se travaillent pas de la même façon. On crée des visites de caves “simple” ou “prestige” avec des accords mets et vins. On passe d’un tarif de 10 euros à 17 euros avec une petite planche de produits du terroir qui nous permet d’avoir une visite un peu plus gourmande. Notre deuxième best-seller, c’est la découverte du vignoble à cheval ou en véhicule tout terrain. Historiquement, on utilise ce véhicule pour atteindre les vues les plus panoramiques des Dentelles de Montmirail et les terroirs inaccessibles par d’autres moyens. »

Quelles nouveautés préparez-vous cette année ?

« On a décidé d’aller un peu plus loin en œnotourisme avec des ateliers plus fun. On va mettre en place un atelier de création de cocktails en lien avec des mixologues professionnels. On va également créer une balade géolocalisée, une sorte de chasse au trésor. On va créer notre propre circuit pour aller d’indice en indice. Et terminer par une très jolie dégustation en caveau. On a aussi décidé de créer un atelier “cave à manger” qui va permettre aux participants de partager un bon moment gourmand et ludique avec quatre petites portions gastronomiques en accord avec des mets. »

C’est toute l’année, sur réservation ?

« Oui, sur réservation obligatoire, parce qu’on tient absolument à ce que ce soit les artisans vignerons qui reçoivent. L’artisan vigneron doit être au-devant de la scène. Le consommateur veut aujourd’hui rencontrer le producteur. Et le producteur ressent une fierté énorme de pouvoir montrer ses produits. C’est comme ça que l’alchimie prend et qu’on arrive à proposer des ateliers de qualité qui laissent un souvenir impérissable. »

Les aidez-vous à présenter ces ateliers ?

« Personne ne connaît mieux son vignoble que le vigneron. On fait des scripts de visite qui sont plutôt des supports d’aide. En aucun cas, je ne veux remplacer l’authenticité du discours d’un vigneron. Lui, il connaît son métier et son terroir absolument par cœur. On essaye de briser les codes élitistes du monde du vin. Il faut passer par un point de vue pédagogique, il ne faut pas raconter n’importe quoi. Pour nous, il est donc important de mettre leurs connaissances à jour. »

Quelle récompense avez-vous reçue l’an dernier pour votre travail ?

« On a reçu la distinction œnotourisme délivrée par Inter Rhône, l’interprofession qui fait un boulot extraordinaire de qualification du réseau. On l’avait déjà sur le caveau de Vacqueyras avant la fusion. Du coup, on l’a présenté sur Beaumes-de-Venise. Donc maintenant, l’ensemble de Rhonéa jouit de la distinction. C’est une belle fierté, une reconnaissance du travail pour les artisans vignerons qui se donnent les moyens d’être très présents dans l’organisation de tous les ateliers. »

Qui fréquente vos animations œnotouristiques ?

« Le public est surtout francophone. On reçoit aussi entre 15 à 20% d’anglophones, principalement d’Europe du Nord, du Benelux, mais également de l’Angleterre et de l’Allemagne. Parmi les francophones, on a beaucoup de Belges, un public extraordinaire, composé d’épicuriens qui s’intéressent vraiment au produit et au producteur. C’est un régal de travailler avec eux. On a aussi un public français, principalement régional à 75%. On reçoit plus de cinq mille personnes par an, on se développe. Je parle là des personnes qui ont consommé un produit touristique : visite de cave, aventure Rhonéa en 4x4, pique-nique dans les vignes, initiation à la dégustation. Je ne parle pas d’une personne qui vient dans l’un de nos deux magasins déguster les vins, faire ses achats. Là, on est plutôt sur cinq cents personnes par jour, et deux cent mille à l’année. » 

Qu’est-ce qui motive vos visiteurs ?

« On est loin du tourisme de masse. On ne tombe pas dans les Dentelles par hasard. On y vient parce qu’on s’intéresse à ce territoire, parce qu’on veut y découvrir des hommes, des produits. On a une fréquentation touristique qui s’adresse à un public en quête de culture. »