La Confrérie de la Fraise de Carpentras a célébré ses vingt ans d'existence l'an dernier. En 2019, elle prépare une nouvelle certification valorisante pour l'un des fleurons de notre agriculture qui parfume et colore nos marchés avec l'arrivée du printemps.

Vous présidez la Confrérie de la Fraise de Carpentras, quelle est sa vocation ?

" La confrérie a été créée par Robert Rouch et Daniel Delanoy en 1999 pour regrouper toute la filière : fraisiculteurs, pépiniéristes, emballeurs et transformateurs. Depuis le début, elle s'appelle Confrérie de la Fraise de Carpentras - Comtat Venaissin. Mais un partenariat a été passé avec le Département pour s'associer à la marque Savourez le Vaucluse. De plus, la culture de la fraise de Carpentras est étendue sur tout le territoire vauclusien. Garder le nom Comtat Venaissin n'a plus de sens. On élabore donc une nouvelle charte et un nouveau cahier des charges avec le concours juridique de la ville de Carpentras. Ils seront bientôt déposés à l'Institut National de la Propriété Industrielle sous la marque Fraise de Carpentras uniquement. "

Combien de confrères et combien de producteurs de fraises rassemble-t-elle et dans quel but ?

« Il faut distinguer la Confrérie qui rassemble quatorze membres œuvrant à la promotion de la Fraise de Carpentras et nos adhérents qui sont cent vingt-quatre à ce jour, du producteur au transformateur. Le but de la confrérie est de promouvoir la Fraise de Carpentras. Depuis sa création, elle s’est promenée un peu partout, jusqu’au Parlement européen. Au fil du temps, on s’est aperçu qu’il fallait la protéger parce qu’elle valorisait la qualité et qu’elle était rémunératrice pour nos producteurs. Sur les conseils du Ministère de l’Agriculture, on a donc décidé de déposer notre marque et notre logo en 2016. »

Quelle est la prochaine étape ?

« Une Appellation d’Origine Protégée ne sera pas possible parce que la Fraise de Carpentras est majoritairement cultivée hors-sol. On est en train de travailler sur une Indication Géographique Protégée Fruit Rouge. Le Label Rouge est trop vague. Seule une partie de la production peut être vendue sous ce label. On pourrait choisir aussi une nouvelle certification plus facile à obtenir et plus valorisante, la Haute Valeur Environnementale. Tous nos producteurs respectent déjà les normes phytosanitaires en vigueur. La Chambre d’Agriculture est prête à nous soutenir. »

Qu’est-ce qui distingue la Fraise de Carpentras d’une autre fraise ?

« Au départ, la Fraise de Carpentras est une fraise ronde. Or, notre cahier des charges actuel englobe toutes les fraises cultivées à Carpentras. Dans la nouvelle charte, il va falloir la définir précisément pour mettre en avant la fraise ronde, la Cléry. Mais il y a d’autres fraises rondes comme la Charlotte et la Murano. On ne va donc pas spécifier une variété de fraise, mais plutôt sa forme. La Cléry constitue déjà 82% de la production. »

Pourquoi ne pas créer une variété spéciale dédiée au terroir vauclusien ?

« Les pépiniéristes travaillent actuellement sur des variétés adaptées à la marque. Il y a déjà la Murano qui est en train de percer, une variété remontante dont l’avantage est d’être plus longtemps disponible. La Cléry a du mal à aller au-delà du 15 juin. »

Nouez-vous des partenariats avec les transformateurs locaux, les pâtissiers, les confiseurs ? « On est en train de travailler à un macaron en chocolat à l’effigie de notre logo que les pâtissiers apposeront sur leurs pâtisseries à base de Fraise de Carpentras. L’un de nos adhérents, Confit de Provence à Puyricard qui travaille avec un fraisiculteur de Carpentras, a vu ses ventes décuplées après avoir apposé la marque Fraise de Carpentras sur ses produits. La Confiturerie La Roumanière à Robion fait aussi de la confiture avec notre fraise qui est distribuée dans une grande chaîne d’hôtellerie. »

Le travail de la confrérie se concrétise-t-il sur le terrain ?

« Les volumes ont pratiquement doublé en vingt ans et le produit rapporte. Notre plus grosse concurrente aujourd’hui, ce n’est pas plus la fraise d’Espagne, mais la fraise française, celle de Dordogne et du Lot-et-Garonne où les fraisiculteurs produisent dix fois plus que nous. Heureusement, leurs fraises arrivent un peu plus tard que les nôtres. »

Quelles actions allez-vous mener en 2019 pour promouvoir la Fraise de Carpentras ?

« Comme toutes les années, on va commencer par le Salon de l’Agriculture, du 23 février au 3 mars 2019. Ensuite, ce sera l’Élysée, le Sénat, l’Assemblée nationale, le Ministère de l’Agriculture, les médias nationaux et régionaux, puis toutes les fêtes de terroir de la région. Il ne faut pas manquer la bénédiction de la Fraise de Carpentras le dimanche 7 avril à la cathédrale Saint-Siffrein, et bien sûr la Fête de la Fraise le samedi 13 avril à Carpentras avec les intronisations habituelles. »